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Chanson – L’aigle noir

Laissez-vous emporter par cette magnifique chanson:

 

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Questions:

1. Quels mots dans la première strophe suggèrent l’atmosphère onirique du poème? (onirique = comme dans un rêve)

2. D’où vient l’oiseau? Quelles interprétations pourrait-on imaginer pour cette origine?

3. Dans la troisième strophe, quels indices nous montrent qu’il ne s’agit pas d’un oiseau ordinaire?

4. Dans la quatrième strophe, qu’est-ce qui permet à la chanteuse de reconnaître l’oiseau? Qui est-il selon vous?

5. Où veut-elle aller avec l’oiseau? Expliquez la signification pour son attitude envers le passé et le présent.

6. Peut-on s’asseoir “sur un nuage blanc”, “allumer le soleil”, “faire la pluie” ou “faire des merveilles”? Pourquoi parle-t-elle de ces choses-là?

7. D’habitude on dit qu’il ne faut pas vivre dans le passé. Peut-il y avoir des raisons de préférer vivre dans le passé?

 

 

Paroles:

Un beau jour, ou était-ce une nuit,
Près d’un lac je m’étais endormie,
Quand soudain, semblant crever le ciel,
Et venant de nulle part,
Surgit un aigle noir.

Lentement, ses ailes déployées,
Lentement, je le vis tournoyer,
Près de moi, dans un bruissement d’ailes,
Comme tombé du ciel,
L’oiseau vint se poser.

Il avait les yeux couleur rubis,
Et des plumes couleur de la nuit,
A son front brillant de mille feux,
L’oiseau roi couronné,
Portait un diamant bleu.

De son bec il a touché ma joue,
Dans ma main, il a glissé son cou,
C’est alors que je l’ai reconnu,
Surgissant du passé,
Il m’était revenu.

Dis l’oiseau, ô dis, emmène-moi,
Retournons au pays d’autrefois,
Comme avant, dans mes rêves d’enfant,
Pour cueillir en tremblant,
Des étoiles, des étoiles.

Comme avant, dans mes rêves d’enfant,
Comme avant, sur un nuage blanc,
Comme avant, allumer le soleil,
Être faiseur de pluie,
Et faire des merveilles.

L’aigle noir dans un bruissement d’ailes,
Prit son vol pour regagner le ciel.

Un beau jour, ou était-ce une nuit,
Près d’un lac je m’étais endormie,
Quand soudain, semblant crever le ciel,
Et venant de nulle part,
Surgit un aigle noir.

Un beau jour, ou était-ce une nuit,

Près d’un lac je m’étais endormie,
Quand soudain,

Et venant de nulle part,
Surgit un aigle noir.

Un beau jour, une nuit,
Près d’un lac, endormie,
Quand soudain,
Il venait de nulle part,
Il surgit, l’aigle noir…

Musique: Barbara, Catherine Lara
autres interprètes: Florent Pagny, Thierry Amiel (2003)

 


Barbara
Jacques Prévert

La poésie Barbara est extraite de « Paroles », paru en 1946, écrite par Jacques Prévert. Il est né le 4 février 1900 et est mort le 11 avril 1977.
C’est un texte qui se réfère aux 165 bombardements de la ville de Brest, qui ont eu lieu entre le 19 juin 1940 et le 18 septembre 1944.

Au-delà du drame amoureux, le spectacle des ruines de Brest, transformé en paysage de cauchemar, désespère le poète.
En effet, la guerre cesse mais elle laisse des stigmates dans le cœur des hommes.

Barbara

Rappelle-toi Barbara
Il pleuvait sans cesse sur Brest ce jour-là
Et tu marchais souriante
Épanouie ravie ruisselante
Sous la pluie

Rappelle-toi Barbara
Il pleuvait sans cesse sur Brest
Et je t’ai croisée rue de Siam
Tu souriais
Et moi je souriais de même

Rappelle-toi Barbara
Toi que je ne connaissais pas
Toi qui ne me connaissais pas
Rappelle-toi
Rappelle-toi quand même ce jour-là
N’oublie pas

Un homme sous un porche s’abritait
Et il a crié ton nom
Barbara
Et tu as couru vers lui sous la pluie
Ruisselante ravie épanouie
Et tu t’es jetée dans ses bras
Rappelle-toi cela Barbara

Et ne m’en veux pas si je te tutoie
Je dis tu à tous ceux que j’aime
Même si je ne les ai vus qu’une seule fois
Je dis tu à tous ceux qui s’aiment
Même si je ne les connais pas

Rappelle-toi Barbara
N’oublie pas
Cette pluie sage et heureuse
Sur ton visage heureux
Sur cette ville heureuse
Cette pluie sur la mer
Sur l’arsenal
Sur le bateau d’Ouessant

Oh Barbara
Quelle connerie la guerre

Qu’es-tu devenue maintenant
Sous cette pluie de fer
De feu d’acier de sang

Et celui qui te serrait dans ses bras
Amoureusement
Est-il mort disparu ou bien encore vivant

Oh Barbara
Il pleut sans cesse sur Brest
Comme il pleuvait avant
Mais ce n’est plus pareil et tout est abîmé
C’est une pluie de deuil terrible et désolée
Ce n’est même plus l’orage
De fer d’acier de sang

Tout simplement des nuages
Qui crèvent comme des chiens
Des chiens qui disparaissent
Au fil de l’eau sur Brest
Et vont pourrir au loin
Au loin très loin de Brest
Dont il ne reste rien.

Jacques Prévert



Par Serge Reggiani ou encore par les Frères Jacques (avec les paroles).

IL EXISTE BEAUCOUP DE VERSIONS DE CETTE POÈSIE: par YVES MONTAND entre autres.


Pour plus d’information sur la ville de Brest, en Bretagne, vous pouvez allez voir les sites suivants:

http://cristobal.chez-alice.fr/Brest/frames.htm

http://www.e-voyageur.com/magazine-voyage/week-end/brest/

http://lci.tf1.fr/france/faits-divers/2010-06/deminage-a-brest-1-200-personnes-evacuees-dimanche-5880116.html