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“Le Pont Mirabeau”

Le poème “Le Pont Mirabeau” est un extrait du recueil Alcools, de Guillaume Apollinaire, paru en 1913.

L’auteur y fait allusion à sa rupture avec Marie Laurencin et au-delà évoque la fuite du temps semblable à l’eau qui s’en va.

Le Pont Mirabeau

Sous le pont Mirabeau coule la Seine
Et nos amours
Faut-il qu’il m’en souvienne
La joie venait toujours après la peine

Vienne la nuit sonne l’heure
Les jours s’en vont je demeure

Les mains dans les mains restons face à face
Tandis que sous
Le pont de nos bras passe
Des éternels regards l’onde si lasse

Vienne la nuit sonne l’heure
Les jours s’en vont je demeure

L’amour s’en va comme cette eau courante
L’amour s’en va
Comme la vie est lente
Et comme l’Espérance est violente

Vienne la nuit sonne l’heure
Les jours s’en vont je demeure

Passent les jours et passent les semaines
Ni temps passé
Ni les amours reviennent
Sous le pont Mirabeau coule la Seine

Vienne la nuit sonne l’heure
Les jours s’en vont je demeure

Guillaume Apollinaire (1880 – 1918)

 

 

 

 

Questions:

  1. Quel lieu évocateur de l’amour, représente la première strophe ?
  2. Que représente la deuxième strophe ?
  3. A quoi l’auteur fait-il allusion dans la troisième strophe ?
  4. Et dans la quatrième ?
  5. Que représente la Seine pour l’auteur ?
  6. Comment est construit ce poème ?
  7. Qu’entraîne le manque de ponctuation ?
  8. Nommez  tous les éléments du texte qui représentent l’écoulement du temps et de l’amour.
  9. Que ressentez-vous quand vous lisez cette poésie ? Quelles sont les images, les couleurs et les sons qui vous viennent à l’esprit ?
  10. Que représente l’image du pont ?



Pour les versions chanson et lecture:

Marc Lavoine.

 

Serge Reggiani.


L’horloge – Charles Baudelaire

“L’Horloge” de Charles Baudelaire

L’horloge est le dernier poème de la section “Spleen et Idéal”.
Thème du temps, classique dans la poésie romantique et dans Les Fleurs du Mal. Pour Baudelaire, le temps est un poids, démesurément long quand le poète s’ennuie, c’est un supplice.

Par sa composition, c’est une image du temps : 6 strophes de 4 alexandrins : 6 x 4 = 24, même division qu’un cadran d’horloge. Chaque quatrain a 4 vers : autant que de quarts d’heure.

Poème établit sur des rimes : 12, sont alternées comme l’alternance droite-gauche du balancier.

Les vers sont rythmés très régulièrement : par 6 syllabes (malgré quelques ruptures dans le rythme aux vers 9, v11, v15, v19), par la ponctuation : virgule (v1, v18, v22, v24), tiret (v 10), point d’exclamation (v1, v10, v13), point virgule (v20), parenthèses (v14, v23), par la grammaire : conjonction de coordination (v2), préposition (v3, v4, v8, v12, v16), relatif (v21).

Le poème fonctionne comme une mécanique d’horloge

www.perte-de-temps.com

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Horloge! dieu sinistre, effrayant, impassible,
Dont le doigt nous menace et nous dit : “Souviens-toi !”
Les vibrantes Douleurs dans ton coeur plein d’effroi
Se planteront bientôt comme dans une cible;

Le plaisir vaporeux fuira vers l’horizon
Ainsi qu’une sylphide au fond de la coulisse;
Chaque instant te dévore un morceau du délice
A chaque homme accordé pour toute sa saison

Trois mille six cents fois par heure la Seconde
Chuchote: Souviens-toi!- Rapide, avec sa voix
D’insecte, Maintenant dit : Je suis Autrefois,
Et j’ai pompé ta vie avec ma trompe immonde!

Remember! Souviens-toi! Prodigue! Esto memor!
( Mon gosier de métal parle toutes les langues.)
Les minutes, mortel folâtre, sont des gangues
Qu’il ne faut pas lâcher sans en extraire l’or!

Souviens-toi que le Temps est un joueur avide
Qui gagne sans tricher, à tout coup! c’est la loi,
Le jour décroît; la nuit augmente; souviens-toi!
La gouffre a toujours soif; la clepsydre se vide,

Tantôt sonnera l’heure où le divin Hasard,
Où l’auguste Vertu, ton épouse encore vierge,
Où le Repentir même ( oh! la dernière auberge! ),
Où tout te dira : Meurs vieux lâche! il est trop tard!

 

Charles Baudelaire (Les fleurs du mal)

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Barbara
Jacques Prévert

La poésie Barbara est extraite de « Paroles », paru en 1946, écrite par Jacques Prévert. Il est né le 4 février 1900 et est mort le 11 avril 1977.
C’est un texte qui se réfère aux 165 bombardements de la ville de Brest, qui ont eu lieu entre le 19 juin 1940 et le 18 septembre 1944.

Au-delà du drame amoureux, le spectacle des ruines de Brest, transformé en paysage de cauchemar, désespère le poète.
En effet, la guerre cesse mais elle laisse des stigmates dans le cœur des hommes.

Barbara

Rappelle-toi Barbara
Il pleuvait sans cesse sur Brest ce jour-là
Et tu marchais souriante
Épanouie ravie ruisselante
Sous la pluie

Rappelle-toi Barbara
Il pleuvait sans cesse sur Brest
Et je t’ai croisée rue de Siam
Tu souriais
Et moi je souriais de même

Rappelle-toi Barbara
Toi que je ne connaissais pas
Toi qui ne me connaissais pas
Rappelle-toi
Rappelle-toi quand même ce jour-là
N’oublie pas

Un homme sous un porche s’abritait
Et il a crié ton nom
Barbara
Et tu as couru vers lui sous la pluie
Ruisselante ravie épanouie
Et tu t’es jetée dans ses bras
Rappelle-toi cela Barbara

Et ne m’en veux pas si je te tutoie
Je dis tu à tous ceux que j’aime
Même si je ne les ai vus qu’une seule fois
Je dis tu à tous ceux qui s’aiment
Même si je ne les connais pas

Rappelle-toi Barbara
N’oublie pas
Cette pluie sage et heureuse
Sur ton visage heureux
Sur cette ville heureuse
Cette pluie sur la mer
Sur l’arsenal
Sur le bateau d’Ouessant

Oh Barbara
Quelle connerie la guerre

Qu’es-tu devenue maintenant
Sous cette pluie de fer
De feu d’acier de sang

Et celui qui te serrait dans ses bras
Amoureusement
Est-il mort disparu ou bien encore vivant

Oh Barbara
Il pleut sans cesse sur Brest
Comme il pleuvait avant
Mais ce n’est plus pareil et tout est abîmé
C’est une pluie de deuil terrible et désolée
Ce n’est même plus l’orage
De fer d’acier de sang

Tout simplement des nuages
Qui crèvent comme des chiens
Des chiens qui disparaissent
Au fil de l’eau sur Brest
Et vont pourrir au loin
Au loin très loin de Brest
Dont il ne reste rien.

Jacques Prévert



Par Serge Reggiani ou encore par les Frères Jacques (avec les paroles).

IL EXISTE BEAUCOUP DE VERSIONS DE CETTE POÈSIE: par YVES MONTAND entre autres.


Pour plus d’information sur la ville de Brest, en Bretagne, vous pouvez allez voir les sites suivants:

http://cristobal.chez-alice.fr/Brest/frames.htm

http://www.e-voyageur.com/magazine-voyage/week-end/brest/

http://lci.tf1.fr/france/faits-divers/2010-06/deminage-a-brest-1-200-personnes-evacuees-dimanche-5880116.html